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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 22:22
L’union des fêlures fait la force : « Les ennemis de la vie ordinaire », Héléna Marienské

Si vous cherchez un roman qui vous redonne foi en l’humanité, un livre qui vous colle la pêche et qui vous fasse rire, lisez Les ennemis de la vie ordinaire d’Héléna Marienské. L’humour pétillant, l’humanité joyeuse qui se dégage de ce livre dont les héros sont pourtant de grands blessés de la vie vous mettront de bonne humeur. Les addictions dont souffrent les personnages réunis en thérapie de groupe sont diverses : alcoolisme, sport à haute dose, sexe, shopping, jeu, drogues… Les différents héros pourraient nous sembler pathétiques et Héléna Marienské, on le sent, montre le plus grand respect pour les souffrances endurées par chacun, mais en bonne conteuse, elle exploite aussi la formidable vis comica romanesque qui se dégage de leurs défaillances : comique de caractère, comique de répétition… l’addiction en soi est un ingrédient pimenté dans un roman. Mais si elle nous fait rire, Héléna Marienské ne se moque pas de ces personnages abîmés par la vie, elle les aime. Ce prêtre cocaïnomane, sosie du pape François, qui se drogue pour atteindre l’extase et détourne les fonds alloués à la réfection du toit de l’église pour les besoins de son addiction, est franchement tordant, et si gentil, aussi… La résolution de l’intrigue n’est pas exactement celle de la guérison raisonnable, que l’on aurait pu attendre, pour la plupart de ces personnages.

On retrouvait la même idée de communauté décalée dans Rhésus, ce roman original où un singe amenait un joyeux désordre dans une maison de retraite. Je l’avais beaucoup apprécié à l’époque. L’idée qu’en s’unissant, les soit-disant faibles peuvent prendre leur revanche sur la vie est très jolie. Ces romans ont une belle fantaisie, ils déploient un univers singulier et épicurien avec une légèreté tout à leur honneur. (Oui, bon, je sais, la mode est aux romans tristes, mais on en a marre, non ?… ) Le seul bémol que je mettrai à la lecture de ce livre concerne l'importance qu'y prend peu à peu le poker, mais c'est très personnel, parce que je déteste les jeux.

Et finalement, la seule vraie thérapie qui s'exerce dans ce roman ne serait-elle pas celle du lecteur? Franchement, si ça ne va pas trop pour vous en cette période grisâtre, au lieu de tenter vous-même une thérapie de groupe, commencez par essayer de lire ce livre, et vous serez déjà beaucoup moins déprimé, car vous aurez passé un vrai bon moment.

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Published by Une ombre dans la brume
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  • : Effleurer une ombre
  • Effleurer une ombre
  • : Je suis conne comme la lune sans soucis, comme la lune béate qui luit à l'automne, et offre le sourire de sa face blême aux moutons rêveurs, aux filles endormies. Je suis pomme, en somme, et de ce mauvais fruit, sais-tu? La gloire des campagnes monotones (Par qui Dieu sur Eve jeta l'anathème jadis) pleine d'asticots et toute pourrie. Je suis vache mystique des champs nivernais, mâchouillant ma vie végétale dans la paix. Le temps passe, je rumine, bovine herboriste.
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