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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 00:26
Pierre Ardouvin, Thomas de Pourquery

Ce week-end, j'ai vu deux belles choses, une expo et un concert, qui n'ont pour tout point commun que d'être bien décalées et complètement surprenantes. Ce qui ne court pas les rues, dans nos petits univers standardisés. Peut-être que finalement, c'est à ça que me servent souvent les week-ends: essayer d'échapper à cette idée un peu désespérante de l'uniformité de nos sensations.

Bref, nous sommes d'abord allés écouter Thomas de Pourquery et son groupe de jazz complètement fou samedi soir. Ils se produisaient au Pôle culturel d'Alfortville, et il paraît qu'ils seront au Parc floral en juin, si ça vous dit de les découvrir. Ce groupe est composé d'un batteur, d'un bassiste, d'un trompettiste, d'un pianiste, et de deux saxophonistes (dont Thomas de Pourquery lui-même). Trois d'entre eux chantent aussi. Et j'adore la façon dont s'harmonisent leurs voix, notamment quand celle de Thomas de Pourquery, qui peut être d'une étonnante douceur aiguë, se combine au son des cuivres... Quand on entend ce qu'ils font, ça peut faire un peu "musique de l'espace" parfois, mais en tout cas, on se dit qu'on n'a jamais entendu ça avant ni ailleurs. On voyage, ça déménage, ça se partage. Le batteur est aussi une sorte de jongleur des baguettes, et il fait une sorte de show spectaculaire très drôle, tout comme Thomas de Pourquery dont l'intelligence déjantée crève la scène. Son être dégage une poésie vraiment particulière. Ces musiciens adorent ce qu'ils créent, c'est beau, c'est tout. Belle équipe.

Et puis, ce dimanche, petite escapade au MacVal pour voir l'expo Pierre Ardouvin. Le MacVal, le musée d'art contemporain du Val de Marne, c'est un peu comme chez nous, Vitry c'est à côté, on y va en voisins plusieurs fois dans l'année, c'est toujours bien. Bref, cette expo porte sur la notion de décor familial qu'elle rend vertigineux. Il y a à l'entrée un manège qui tourne vraiment avec des canapés familiaux vintage plus ou moins fleuris évoquant les quatre saisons, musique diffusée en fond sonore. La grande salle est plongée dans la pénombre, et là on trouve des éléments de décors assez kitchs qui renvoient aux intérieurs familiaux, aux histoires artificielles qu'ils racontent. On voit de fausses fontaines, de fausses cheminées électriques, des faons en céramique sur une table d'écolier, il y a d'énormes mobiles au plafond qui font tourner du mobilier cheap, rappelant façon aérienne, le manège de l'entrée. On trouve un drone géant et noir qui semble avoir atterri là par erreur, comme un grand arbre tombé sur un fauteuil: car dans l'univers d'Ardouvin, il y a souvent une inversion du haut et du bas: la mer au dessus de la salle de conférence géante, et partout s'ouvrent des gouffres insoupçonnés. Tout ça bien sûr n'est qu'un théâtre... Qui nous interroge sur la fiabilité de nos repères. Bonne nuit, les petits.

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Published by Une ombre dans la brume
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  • : Effleurer une ombre
  • Effleurer une ombre
  • : Je suis conne comme la lune sans soucis, comme la lune béate qui luit à l'automne, et offre le sourire de sa face blême aux moutons rêveurs, aux filles endormies. Je suis pomme, en somme, et de ce mauvais fruit, sais-tu? La gloire des campagnes monotones (Par qui Dieu sur Eve jeta l'anathème jadis) pleine d'asticots et toute pourrie. Je suis vache mystique des champs nivernais, mâchouillant ma vie végétale dans la paix. Le temps passe, je rumine, bovine herboriste.
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