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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 00:18

Tordu et épineux, mais aussi fleuri, mon chemin... Un jour, je devais avoir 8 ans, alors que je passais devant le mur de pierres sèches qu'on voit à droite, une pierre roule à mes pieds. Je regarde le mur pour voir d'où elle vient: une vipère me regarde fixement, c'est elle qui m'a envoyé le caillou. Mon père qui était à quelques pas derrière moi, arrive. Il me dit doucement: " C'est une vipère, regarde, ne bouge pas. Elle a peur, elle aussi, comme toi. Si on ne lui fait rien, elle ne nous fera rien." De toute façon, mon père était là, il ne pouvait rien m'arriver. On a passé un moment à regarder, en retenant notre souffle, la vipère lanceuse de caillou, à un mètre d'elle. Je ne sais pas si ça a duré quelques secondes ou quelques minutes. En tout cas, c'était ce genre de moment suspendu dont tu te souviens toute ta vie. Puis la vipère en a eu marre la première, elle est repartie, pfuitt, disparue en une seconde. Ce que je retiens de ce moment, c'est le pouvoir magique de mon père, qui apporte la paix à sa fille et au serpent. C'est un peu comme ce texte de la Bible où on nous dit que tous les animaux vivaient ensemble en paix dans les temps immémoriaux. Mon père fait cohabiter la fillette et la vipère. Je croyais que mon papa était un magicien. Il courait dans le pré qui est juste en contrebas de ce chemin et paf il se baissait, et il ramassait un trèfle à 4 feuilles, comme ça, en une seconde. Moi je le rejoignais, j'essayais de trouver un trèfle, mais les miens avaient tous 3 feuilles. D'où venait ce miracle? Il avait sûrement un truc, mais il ne me le disait pas. J'étais émerveillée. Mon papa, à l'époque, avait aussi une pie apprivoisée. Il l'avait élevée dans une cage, quand elle était un oisillon. Puis elle avait été libérée mais elle restait familière. Il faut donc imaginer une petite fille qui voyait arriver soudain du ciel cet oiseau, qui venait se percher, comme par magie, sur l'épaule de son père, dans la cour de la ferme. C'était merveilleux.petit-chemin.jpg

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Published by Une ombre dans la brume
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  • : Effleurer une ombre
  • Effleurer une ombre
  • : Je suis conne comme la lune sans soucis, comme la lune béate qui luit à l'automne, et offre le sourire de sa face blême aux moutons rêveurs, aux filles endormies. Je suis pomme, en somme, et de ce mauvais fruit, sais-tu? La gloire des campagnes monotones (Par qui Dieu sur Eve jeta l'anathème jadis) pleine d'asticots et toute pourrie. Je suis vache mystique des champs nivernais, mâchouillant ma vie végétale dans la paix. Le temps passe, je rumine, bovine herboriste.
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